Critiques en vrac #3 : LEGO Ninjago, The Square, Le Sens de la Fête, Carbone

Au bout du troisième numéro, vous devez commencer à connaître le principe. Ici, on ne traite que des films pour lesquels on n’a pas envie de faire un article complet. Parce qu’on a la flemme et que de toute façon, il est super difficile d’écrire un article complet sur Ninjago. Par exemple. Bref, cette semaine, on vous parle justement de LEGO Ninjago, The Square, du Sens de la Fête et de Carbone !

LEGO Ninjago, de…LEGO ?

Après une Grande Aventure réjouissante et inventive et un Batman tout droit sorti des petites têtes de 9gag, les personnages couleur citron sont de retour avec leur bonne humeur, leurs briques par milliers et un chat. Ni aussi jouissif que la Grande Aventure LEGO, ni aussi déprimant de bêtise que LEGO Batman, Ninjago n’a rien de… »spécial » (you see what I did there?). Moins malin et plus enfantin, Ninjago remplit le cahier des charges des films de briques : un rythme un peu hystérique, des blagues pop et une technique qui arrache tout.

Certains gags passent très bien (belle référence à Godzilla) et l’ensemble amuse mais ce Ninjago semble très vain. Dénué de sens, m’voyez. Il traîne et passe par de vrais temps morts, assez longs pour nous permettre de regarder notre montre en soupirant. Trois films et la formule semble déjà éculée, vouée à stagner et à n’offrir que quelques variantes visuelles autour d’une base commune. Dommage.

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Réalisatrice : LEGO ?

Casting : Dave Franco, Michael Peña, Olivia Munn, Justin Theroux

Distributeur : Warner

Date de sortie : 11 octobre 2017

Budget : 70 millions $

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The Square, de Ruben Östlund

Cela faisait un bail, un bail que nous n’avions pas vu un film aussi ronflant, poseur, pédant. The Square coche toutes les cases du film insupportable si on n’atteint pas nous-même le niveau de suffisance du réalisateur. « Le monde de l’art est absurde donc je présente des situations absurdes ». Östlung illustre l’absurdité sans la moindre finesse. D’un côté, les mendiants dans la rue. De l’autre, les têtes blanches incapables de faire preuve d’attention ou d’altruisme. Le tout saupoudré de jolies images.

Irritant. C’est le mot. The Square tente de donner des leçons avant de rafler une Palme dans un festival de plus en plus considéré comme élitiste. Ironique, n’est-ce pas ? Une grosse mascarade bien habillée, une arnaque dénuée de finesse, bien que traversée par une ou deux séquences fortes. C’est bien trop peu pour sauver un film trop tourné vers son nombril pour séduire autre chose que les têtes blanches dont il se moque.

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Réalisateur : Ruben Östlund

Casting : Elisabeth Moss, Dominic West, Claes Bang, Terry Notary

Distributeur : BAC Films

Date de sortie : 18 octobre 2017

Budget : 6 millions $

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Le Sens de la Fête, d’Olivier Nakache et Eric Toledano

Dans un océan de A bras ouverts, de Si j’étais un homme et de Epouse-moi mon pote, qu’il est plaisant de retrouver Olivier Nakache et Eric Toledano ! Jamais à court d’idées, nos deux réalisateurs sont de retour le temps d’un mariage, ou plutôt de sa préparation. Sujet banal pour un rythme millimétré et maîtrisé à la perfection. De ces préparatifs, Nakache et Toledano tissent le portrait d’une équipe menée par un Jean-Pierre Bacri impérial. Chef revêche, l’acteur trouve ici parfaite chaussure à son pied, aidé par un casting 4 étoiles.

Les acteurs s’en donnent à coeur joie dans un festival de répliques bourré d’énergie et de fulgurances propres au duo. Des errements grammaticaux de Vincent Macaigne aux envolées de Benjamin Lavern, difficile de ne pas reconnaître leur patte. Plus inspirés que sur Samba, ils flirtent ici avec le niveau d’Intouchables, sans aller aussi loin dans la comédie ou l’émotion. Le Sens de la Fête est avant tout une réunion de famille explosive à la langue bien pendue, pour le plus grand bonheur des amateurs de comédies populaires.

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Réalisateurs : Olivier Nakache et Eric Toledano

Casting : Jean-Pierre Bacri, Jean-Paul Rouve, Gilles Lellouche

Distributeur : Gaumont

Date de sortie : 4 octobre 2017

Budget : 15 millions €

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Carbone, d’Olivier Marchal

Manteau noir, cheveux gominés, clope au bec : pas de doute, on est bel et bien devant un film d’Olivier Marchal ! Éternel amoureux des voyous et autres ripoux, l’ancien flic dévoile à travers Carbone une intrigue moderne intéressante mais entravée par des codes surannés. Le film ressemble à un polar français des années 90, rempli à ras bord de clichés et de personnages caricaturaux. Pour ainsi dire constamment dans l’ombre, Magimel et sa clique se démènent avec des punchlines déjà entendues mille fois. Même Depardieu paraît tout petit face à ce déluge de poncifs.

Pourtant, il y avait de l’idée. L’intrigue, inspirée d’un fait réel, offre quelques scènes bien sentis et le personnage de Michaël Youn est probablement le plus surprenant. Cependant, on est en 2017 et les genres évoluent. Carbone est un polar sombre sans la moindre originalité et plus vraiment adapté aux standards d’aujourd’hui. Il serait temps pour Olivier Marchal de faire évoluer un peu son cinéma et de renouveler les codes dans lesquels il baigne. Pas sûr qu’on en ressorte tous gagnants, mais ça vaut la peine d’essayer, non ?

Détails

Réalisateur : Olivier Marchal

Casting : Benoît Magimel, Gérard Depardieu, Laura Smet, Michaël Youn

Distributeur : Europa Corp

Date de sortie : 1er novembre 2017

Budget : –

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