Critique (avec et sans spoilers) : Star Wars – Les derniers Jedi, de Rian Johnson

On imagine sans peine des spectateurs aussi enthousiastes que furieux à la sortie du Réveil de la Force. J. J. Abrams offrait au monde sa vision de l’univers Star Wars, moderne dans son approche bien qu’un peu trop généreuse en fan service. Les plus cyniques n’y ont vu qu’un simple remake de l’épisode fondateur, alors que le réalisateur posait surtout des bases très solides pour l’avenir de la franchise. Deux ans plus tard, la suite que l’on imaginait remake déguisé de l’Empire contre-attaque sort au cinéma. Vous pensiez qu’aucun Star Wars ne ferait autant jaser que l’épisode 7 ? Attendez de voir Les derniers Jedi !

Résumé (pris sur Allociné)

Les héros du Réveil de la force rejoignent les figures légendaires de la galaxie dans une aventure épique qui révèle des secrets ancestraux sur la Force et entraîne de surprenantes révélations sur le passé…

Ce qu’on a pensé de Star Wars – Les derniers Jedi

Note : avant de parler du film, sachez que nous ne sommes pas fan de la saga. Nous l’apprécions, comme nous apprécions les Palmitos, mais ce n’est pas ce que nous préférons. En revanche, nous avons adoré le 7ème épisode, qui modernisait très bien la saga (ce qui nous semblait nécessaire). Et détesté Rogue One, mais pour ça, on vous renvoie à notre critique.

Note 2 : la première partie de cette critique est garantie sans spoilers. Après la critique, vous trouverez une section spoilers à dérouler. N’appuyez pas si vous n’avez pas vu le film, ce serait idiot !

Rian Johnson a osé l’impensable. Là où les trailers nous orientaient vers un épisode dark et plein de révélations, mais définitivement Star Wars, le réalisateur nous adresse un superbe pied de nez comme on en voit rarement lorsqu’il s’agit du cinéma de grande ampleur. Les derniers Jedi est l’épisode de la déconstruction. Tous les acquis de la saga sont ici balayés d’un revers de la main, dans l’irrévérence la plus brute. Chaque élément fondateur est brisé ou remodelé, pour ne pas dire tourné en ridicule. Parsemé de gags, ce Star Wars ne se lasse jamais de prendre le spectateur au dépourvu, en démontant ses attentes, pendant près de 2H30. Ainsi, si le Réveil de la Force était l’épisode de la fidélité, les derniers Jedi est son pendant maléfique avide de changements drastiques.

Ce huitième épisode se veut le plus audacieux de la saga, et d’assez loin. Parce qu’il remet tout en cause. Malheureusement, cette entreprise de destruction fait aussi l’impasse sur un élément essentiel de la saga : la tragédie. Si Star Wars fonctionne, depuis ses débuts, c’est grâce au drame, au désespoir. On a beau vous balancer tous les “hope” du monde au visage, si la situation n’est pas désespérée en premier lieu, c’est vain. C’est le problème majeur de cet épisode, qui en plus de ne pas raconter quelque chose de passionnant (c’est avant tout l’histoire d’une simple fuite), a bien du mal a créer de l’enjeu. A force de trop vouloir déconner, on finit par oublier tous les ressorts dramatiques. En ressort un film qui paraît parfois incomplet, gorgé à ras bord de deus ex machina un peu faciles, malgré quelques fulgurances fascinantes.

Rian Johnson apporte un perfectionnisme visuel que la saga ne connaissait pas jusqu’à présent. D’un plan explosif tout en silence à la superbe imagerie de la planète minérale aperçue dans les trailers, on en prend plein les yeux. La photographie sublime une direction artistique dense et cohérente. Les créatures poilues cohabitent avec les intérieurs rouge sang sans pour autant que l’ensemble ne paraisse dépareillé. Impressionnant.

Ce huitième épisode de Star Wars nous a laissé avec un drôle de goût en bouche, cette impression d’assister à la renaissance d’une saga, payée au prix fort. La rupture est brutale et on aurait préféré une déconstruction plus progressive, ou accompagnée d’une véritable reconstruction derrière. On en vient à se demander ce que racontera l’épisode 9 et s’il s’occupera de cette reconstruction qui n’est jamais venue. Il est possible que cet épisode 8 ne révèle sa vraie valeur qu’une fois la suite sortie, pour constituer un véritable dyptique. En attendant, il faudra se contenter d’un épisode prenant, drôle et rafraîchissant, certes, mais déséquilibré au possible.

Bien, maintenant qu’on est entre gens de qualité ayant vu le film, on peut spoiler. Du premier “lancer osef” du sabre par Luke au gag du fer à repasser que l’on croirait tout droit sorti de Yodablog, tout est fait pour démystifier Star Wars, briser sa mythologie et la reforger par la suite. Pour y parvenir, le film multiplie les fausses pistes et les instants symboliques. Comme tout le monde, la mort de Snoke nous a pris par surprise. On a presque envie de dire que ce teasing était un coup de maître. Quant à la symbolique, peut-on faire plus explicite qu’un sabre laser brisé ?

Parfois, cet esprit sale gosse fonctionne, comme avec les deux exemples que nous venons de citer. Et parfois, c’est un peu plus délicat. On pense notamment au combat entre Luke et Kylo. Au début, on se dit que c’est osé. Puis on se rappelle que Luke a passé plus de temps à pêcher et traire des vaches mutantes qu’à…être Luke ! C’est très déstabilisant, un peu comme si ce huitième épisode était celui des haters. “Je n’aime pas Star Wars sous sa forme actuelle donc je le démolis et je le fais à ma sauce”. Sauf que Johnson est loin d’être un hater, et heureusement.

Un gros bémol tout de même concernant le traitement de Leia. Sa petite virée dans l’espace nous a complètement laissé sur le carreau.

N’hésitez pas à nous faire part de vos impressions pour qu’on en discute !

Détails

Réalisateur : Rian Johnson

Casting : Daisy Ridley, Mark Hamill, Oscar Isaac, Carrie Fisher

Distributeur : Disney

Date de sortie : 13 décembre 2017

Budget : –

Bande-annonce en VOST

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